The Good, The Bad and the Ugly: The Africa Leadership Index 2012

Voici le classement du très sérieux journal kenyan « The East African » qui note les chefs d’Etats Africains.

Le plus surprenant pour moi n’est pas qu’il y ait des très mal notés mais qu’il y ait plutôt des très bien notés. Bravo à Maurice et au Bostwana. Comme quoi, pour vivre heureux vivons cachés. Je vous laisse faire vos commentaires sur nos stars…

Have a nice moment reading that…

Lu pour vous sur Burkina24.com

Bradley Manning pour le prix Nobel de la paix…

Bradley Manning est vu par beaucoup comme le nouveau symbole de la dénonciation des atteintes aux droits de l’homme de la part des grandes puissances gouvernementales. Pour une fois cependant, il ne s’agit pas de dénoncer les exactions de gouvernements chinois, russes, iraniens ou nord-coréens. Celui-ci est en retenu en prison depuis plus de trois ans pour s’être attaqué au pays des libertés, les Etats Unis d’Amérique. Le comité Nobel osera-t-il distinguer cet homme et, de ce fait, classer les américains parmi les états où les droits de l’homme sont bafoués ?

Photo Bradley Manning

Depuis son institution, et depuis le dernier quart de siècle, le comité Nobel a tendance à distinguer de grands prisonniers politiques se battant contre leur propre gouvernement pour défendre des valeurs humaines universelles. En 1991 Aung San SuuKyi, la Dame de Rangoun ou encore appelée le Papillon de Fer est distinguée par le Prix Nobel de la Paix. Celle-ci a successivement été mise en résidence surveillée par la junte militaire birmane à laquelle elle s’opposait pendant plusieurs années. En 2003, la juge iranienne Chirine Ebadi est distinguée à son tour. Femme juge iranienne, elle avait quitté son poste après la révolution pour devenir une activiste des droits de l’enfant et de la femme. En s’opposant au gouvernement islamiste, elle a, elle aussi droit à la prison. Plus récemment, en 2010, c’est le militant dissident chinois Liu Xiaobo qui sera distingué du Prix Nobel. Celui-ci, enseignant, écrivain, est auteur de nombreuses œuvres de dénonciation des abus commis par le gouvernement communiste chinois. Finalement, le comité Nobel, qui est une commission indépendante de tout bord politique a, à plusieurs reprises, opté de distinguer des individus qui se sont sacrifiés pour dénoncer les dérives totalitaires de leur système gouvernemental.

Bradley Manning, précédemment analyste des données, de l’armée des Etats Unis d’Amérique, est en « détention préventive » depuis juin 2010. Il est considéré comme un terroriste par le gouvernement du Prix Nobel de la Paix (encore un) 2009, Barack Obama. Sa faute, avoir causé la plus importantes fuite d’information du siècle. Il est celui qui a diffusé la fameuse vidéo « CollateralMurder » montrant le massacre des citoyens iraquiens civils et sans armes ainsi qu’un journaliste de l’agence Reuters par un hélicoptère Apache américain. Il est aussi accusé de la diffusion des « Afghan WarDiary », de l’« Iraq War Logs » ainsi que de la série de télégrammes diplomatiques américains. Il a, à sa manière, dénoncé et rendu public les graves violations des droits de l’hommes ainsi que des conventions internationales en matière de conflits de la part de la première économie et de la première armée du monde. Il a montré que les Etats Unis d’Amérique, tout comme la Chine, l’Iran, la Russie ou la Corée du Nord foule du pied tous les sacro saints principes qui font d’eux les « bons » et des autres les « méchants ». Beaucoup de choses s’étaient laissées voir avec les campagnes sud-américaines et surtout la gestion de la prison de Guantanamo. Mais jamais la brutalité et l’animalerie de la machine militaire américaine n’avait été montrée ainsi à nu.

« Que faites-vous si vous avez des preuves de crimes de guerre ? Que faites-vous si suivre les ordres signifie participer à des abus graves auxquels vous êtes opposés ? Auriez-vous le courage de tout risquer – y compris votre vie – pour faire ce qui est juste ? »

Bradley Manning

Bradley Manning bénéficie aujourd’hui de nombreux soutiens à travers le monde. En plus de Julian Assange et Wikileaks, plusieurs organisations civiles font de sa libération leur principal cheval de bataille. Certains Prix Nobel ont même élevé de la voix pour demander sa libération à l’instar de Mgr Desmond Tutu (Prix Nobel de la Paix 1984). Sa candidature a été proposée par la Fondation pour la liberté de la presse pour le Prix Nobel de la Paix. Cette élection, si elle devient réalité sera un vrai tournant pour la diplomatie mondiale.

En effet, depuis la fin de la bipolarisation du monde, caractérisée par la chute du mur de Berlin en novembre 1989, la relation de la justice et de la vérité s’est faite beaucoup plus simple dans la géopolitique mondiale. Comme le dit le proverbe, « tant que le lion n’aura pas son propre conteur, les récits de chasse seront toujours à la gloire du chasseur ». Alors, pendant longtemps, le monde occidental et en tête de proue les Etats Unis étaient le symbole de la justice, des droits de l’homme et de la liberté d’expression. Avec son premier amendement qu’il clame à la moindre occasion, les américains se sont longtemps illustrés comme les champions dans ce domaine. Les ennemis idéologiques et économiques (étant donné que les différences militaires sont maintenant considérées comme enterrées) sont par contre les champions de tous les débordements et de tous les excès. On oublie souvent que les américains sont classés entre l’Iran et la Chine en matière d’exécution de condamnés à mort, qu’ils sont au coude à coude avec la Russie en matière de vente d’armes et qu’ils sont justement un des pays dont les civils sont les plus armés dans le monde.

Barack Obama, président des Etats Unis d'Amérique, Prix Nobel de la Paix 2009, un an avant le dénonciateur des violences chinoises en 2010 (Ph. CLN)

Georges Bush, à travers sa grande arnaque contre Al Gore a montré que comme toute république, les américains pouvaient tricher à leurs propres élections présidentielles. Ensuite, la seconde arnaque a montré qu’ils étaient prêts à berner leurs 315 millions d’habitants pour aller assurer leurs puits de pétrole et tester leurs dernières armes sur les pauvres iraquiens. Un Prix Nobel accordé à Bradley Manning montrerait enfin, avec la reconnaissance de la « communauté internationale » qu’ils mettent en prison ceux qui dénoncent leurs pratiques, tout comme l’Iran et la Chine. Voilà qui montrera que la Chine ne talonne pas ce pays que sur le plan économique. A ce moment, placer Mahmoud Ahmadinejad, Xi Jinping, Barack Obama et Kim Jong-Un, sur une même photo de famille aurait son vrai sens. Quatre chefs d’états normaux, qui font des choses honnêtes et d’autres pas. Pas un qui est tout blanc, sauf de peau et d’autres tous noirs, sauf de peau.

Pour plus d’information, vous pourrez trouver le site de soutien à Bradley Manning ici.